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Le Val d’Arly, France, 2019

Pour la petite histoire, le village savoyard de Saint-Nicolas-la-Chapelle héberge un coin de « Belgique hors-frontières ». À la fin des années 1950, un jeune politicien belge socialiste, Lucien Harmengnies, pousse la ville de Charleroi à acheter un terrain dans le Val d’Arly, une région des Alpes françaises avec vue sur le Mont-Blanc, et à y construire un grand bâtiment qui permettra à des jeunes défavorisés de passer chaque année quelques jours au grand-air de la montagne.

À partir de 1962, les jeunes citadins y découvrent la montagne, la neige, le ski, tout en poursuivant leurs études, dans ce qui deviendra les premières « classes de neige ».  Ils sont hébergés dans un bâtiment qui deviendra « Les Balcons du Mont Blanc », géré aujourd’hui par une entreprise de vacances familiales. C’est dans cet hôtel bien particulier, avec un personnel à la présence chaleureuse, que nous avons séjourné pour la 66e rencontre internationale du SCIJ, organisée sur les chapeaux de roue à la dernière minute par nos collègues de la Belgique.

L’Espace Diamant

Le domaine skiable, appelé l’Espace-Diamant, est beaucoup moins connu que ses voisins prestigieux, Megève, Combloux, La Clusaz, ou encore Chamonix, au pied du Mont blanc. En fait, il s’agit d’un regroupement de six stations locales nichées entre le Val d’Arly et le Massif du Beaufortain (Praz-sur-Arly, Flumet, Notre-Dame-de-Bellecombe, Crest-Voland-Cohennoz, Les Saisies, Hauteluce), réunies par de longs chemins de traverse.

L’ensemble offre 158 pistes balisées, totalisant 192 kilomètres de longueur, en plus d’innombrables champs de neige et de plusieurs corridors non balisés capables de mettre au défi les skieurs de tous les niveaux. Des pentes douces, idéales pour le ski familial (Mont Lachat et Mont Bisanne) côtoient des reliefs plus accidentés (la crête de Praz-sur-Arly). On passe d’une altitude de 1000 mètres, dans les villages du Val d’Arly, à 1600 mètres au col des Saisies, et 2300 mètres au sommet de la crête, une arête neigeuse qui offre une vue imprenable sur le Mont-Blanc et les Alpes Italiennes, non loin à l’Est. Pour parcourir cette série de monts et de vallées, les six stations gèrent au total près de 80 remontées mécaniques… qui souffrent bien rarement d’embouteillages!

Une rencontre plus modeste

Comme les dates et le lieu de cette rencontre annuelle n’ont été confirmés que très tardivement, nous étions 130 journalistes (contre une moyenne de 200 d’habitude) de 29 pays, et même 30 si on compte les deux employés d’une station de ski japonaise venus tâter le terrain en vue d’une possible invitation au Japon, dans deux ou trois ans. L’avantage d’être un peu moins nombreux: les participants avaient plus le temps de se connaître et d’approfondir les échanges.

Autre avantage: le Canada avait plus de chances de remporter des médailles! Au ski de fond, malgré un parcours glacé et des pentes “casse-gueule”, Ginette Lamarche et Pierre Sormany sont montés tous deux sur le podium, remportant chacun le bronze dans leurs catégories respectives.

Soirée des Nations

Le Canada s’est distingué aussi à la Soirée des Nations avec des bagels au saumon fumé et à la viande fumée de chez Schwartz. La table a été très fréquentée.

Mention spéciale à l’abondance de neige et à la météo. Le soleil nous a accompagnés quasiment toute la semaine, avec des températures de 12 à 16 degrés, au milieu du jour. Si de telles conditions printanières ne permettaient pas d’explorer les champs de neige ou les couloirs hors-piste, les terrasses des restaurants en montagne n’en devenaient que plus attrayantes!

Photos du Val d'Arly, France 2019

Pamporovo, Bulgarie 2018

Pamporovo, un nom rigolo pour la plus grande station de ski bulgare, située dans les montagnes des Rhodopes, à 250 km de Sofia. À 80 km au sud se trouve Plovdiv, charmante 2e ville du pays et capitale culturelle de l’Europe en 2019 (voir l’article de Ginette Lamarche ci-dessous, publié dans Le Devoir).

Le jour de notre arrivée, une neige épaisse recouvrait la route en lacets sur les derniers kilomètres, avant d’accéder à la station. Les autobus ont dû s’équiper de chaînes et rouler au ralenti. On n’a jamais eu aussi hâte d’arriver! Heureusement, le soleil nous a vite rattrapés, nous laissant profiter durant la semaine de toute cette belle neige fraîche.

Un beau matin, nous avons croisé en bas des pistes et en haut des télé-sièges, un peu partout en fait, des skieurs habillés de costumes traditionnels. Fausses moustaches et poignards à la ceinture, robes en laine rouge et blanche, tabliers brodés, hommes, femmes et enfants portant les drapeaux blanc-vert-rouge au vent, des milliers de personnes ont défilé sur une piste en pente douce à l’occasion de la fête nationale (3 mars). C’est à ce moment que nous avons pu prendre les photos les plus insolites sans doute de l’histoire du ski-club. Reflet d’une semaine qui offrait un beau mélange entre le ski et la culture.

Côté ski, une montagne intéressante, des sapins majestueux poudrés de neige, du hors-piste magique dans les sous-bois et trois compétitions amicales, dont une course par équipe de ski alpin. Côté culture, la découverte de l’âme et de l’histoire d’un pays peu commun, qui s’est relevé après chaque domination, romaine, ottomane, soviétique, fier d’avoir conservé son nom envers et contre tout – la Bulgarie. Traces de son passé, des monastères ou églises orthodoxes côtoient des mosquées, théâtres romains ou édifices hérités du régime communiste. À Sofia, les kiosques de fleurs débordent de roses, emblême du pays et secteur économique à part entière. La parfumerie de luxe européenne achète à prix d’or l’huile de rose bulgare.

À quelques kilomètres de la station de ski, nous avons découvert un musée régional fabuleux, mais aux espaces si vastes – construit dans un style communiste – qu’il devait coûter une fortune à chauffer en hiver. Lors de notre passage, il y faisait plus froid à l’intérieur qu’à l’extérieur!

Notre séjour à Pamporovo s’est conclu avec une soirée de gala mémorable. Plusieurs équipes avaient revêtu des déguisements inspirés de leur pays respectifs: les Italiens en tuniques romaines, les Belges en personnages de Tintin, les Français en marinières et bérets! Et les Canadiens?… Hé bien… trop d’hésitations entre la chemise à carreaux et le chandail de hockey, on se reprendra une autre fois!

Photos de Pamporovo, Sofia et Plovdiv, Bulgarie 2018

Val Cenis, France, 2017

Wow ! Une tempête à l’arrivée, une autre au départ. La neige n’a pas manqué dans cette station de Savoie souvent ensoleillée située à la frontière de la France et de l’Italie. 

Sur les sommets qui culminent à plus de 3000 mètres, c’est un mètre de neige qui est tombé. Lors de la première journée, nous avons dû nous limiter au bas des pistes, le temps de sécuriser les hauteurs en déclenchant des avalanches (voir l’article de Martine Lanctôt publié dans Espaces).

Une telle abondance de neige nous a permis de skier dans la poudreuse des sous-bois. Val Cenis est dans une région appelée la Haute-Maurienne, aux confins d’une vallée restée à l’écart du tourisme hivernal de masse. Le cadre naturel y est bien préservé et les sous-bois ne manquent pas. 

Tout au long de la semaine, nous avons exploré les différents versants du vaste domaine qui regroupe 5 villages de la vallée: Lanslebourg, Lanslevillard, Termignon, Sollières-Sardières et Bramans. Le domaine skiable offre 125 km de pistes balisées (réparties sur 58 pistes), accessibles grâce à 28 remontées mécaniques. Ajoutons les nombreux champs de poudreuse entre les tracés, lorsque les conditions de neige le permettent, et 27 km de pistes de ski de fond aménagées.

Après une journée de ski, c’est parfois en autobus qu’on rentrait aux chalets. La navette gratuite qui relie les différents villages nous a aussi permis d’explorer la région et de découvrir que des liens historiques unissent cette vallée au Canada (voir l’article de René Saint-Louis publié sur Radio-Canada).

Parmi les plus beaux paysages gravés dans notre mémoire: une mer de nuages cotonneux au-dessus du Lac du Mont Cenis et son barrage, au pied des sommets des Alpes italiennes. Le télésiège le plus élevé de la station nous amenait jusqu’à un belvédère perché à 2800 mètres, offrant cette vue impressionnante. La mer cotonneuse s’est volatilisée au courant de la semaine, pour nous laisser découvrir le bleu du lac.

La veille du départ, c’est une autre grosse bordée de neige qui est tombée. Pour ceux qui restaient pour une excursion de deux jours aux confins de la vallée, cela nous a permis de découvrir Bonneval-sur-Arc, l’un des plus beaux villages de France, et le hameau de l’Écot accessible seulement en ski hors-piste ou en raquettes. L’endroit était enchanteur et peu fréquenté. 

La plupart avaient choisi comme formule d’après-ski une tournée gourmande. Vin, fromage et tartiflette étaient au menu d’un parcours de deux jours de dégustations. Après tout, la bonne bouffe, c’est aussi ça la France ! 

Photos de Val Cenis, France, 2017

Sestrière, Italie, 2016

Sestrière est située dans le Nord des Alpes italiennes, à 2000 mètres d’altitude. Mais le sommet des pistes culmine à 2800 mètres. Station réputée du Piémont italien, elle a accueilli les épreuves de ski alpin lors des Jeux olympiques de Turin en 2006. Nous avons d’ailleurs logé dans le village olympique, dans des appartements conçus à l’époque pour les athlètes, reliés par de longs couloirs intérieurs et un chemin longeant les terrasses jusqu’au pied des pistes. Petite histoire: la station a été créée en 1934 par décret de Mussolini et construite avec ses hôtels en forme de tour par la famille Agnelli, propriétaire de la compagnie automobile Fiat.

Arriver en Italie en mars, c’est se poser aussitôt en terrasse sur une place en plein soleil. À Turin, le décalage horaire se fait vite oublier, quand au bout d’une rue piétonne bordée de succulentes chocolateries, apparaissent des montagnes enneigées. Après la soirée d’accueil à Turin, dans un palazzo à la façade baroque (Palais Madame), en route vers Sestrière et ses sommets!

Une énorme chute de neige à notre arrivée a recouvert le domaine skiable, particulièrement vaste avec ses 200 km de pistes. Sestrière est reliée à Sauze d’Oulx, Pragelato, Sansicario, Cesana, Claviere, Montgenevre… D’un télé-siège à l’autre, il faut prévoir quelques heures pour aller jusqu’à l’extrémité du domaine et en revenir avant la fermeture des remontées, sous peine de rentrer à pied… ou en taxi – ce qui fatalement nous est arrivé!

Dix ans après les JO, le maire de Sestrière nous a présenté un bilan de cette expérience, lors d’une conférence en compagnie de personnalités locales (voir l’article de Cathy Senay). En haut des pistes, nous avons eu la surprise de voir débarquer un groupe de personnes en fauteuil sur skis, poussées par des moniteurs. Comme quoi un domaine qui accueille des coupes du monde peut aussi réaliser les rêves de skieurs handicapés (voir l’article de Martine Lanctôt).

Photos de Sestrière et Turin, Italie 2017

Baqueira-Beret, Espagne, 2015

Située dans le Val d’Aran, une région frontalière tournée vers la France, Baqueira-Beret, à 167 km de l’aéroport de Toulouse, est la plus accessibles des trois grandes stations pyrénéennes. À peine deux heures d’auto (ou 3 h ½ en autocar ou en train).

La station, la plus grande d’Espagne (33 remontées mécaniques, 104 pistes sur plus de 150 kilomètres et 1000 m de dénivelé), comprend trois domaines reliés par des télésièges. L’impressionnant Cap de Baqueira (2 500 m) domine le village du même nom, 1000 mètres plus bas, et offre des belles descentes de calibre olympique, en plus de quelques murs pour les amateurs d’émotions fortes.

Au Nord, le Pla du Beret (1 850 m) est une prairie alpine où la Garonne prend sa source. On y trouve un centre de ski de ski de fond avec sept kilomètres de pistes aménagées, et plusieurs remontées mécaniques déployées en éventail donnant accès à cinq pics (« tucs » en langue aranaise) dont deux dépassent les 2 600 m. Ici, plusieurs pentes sont douces, idéales pour un ski en famille. Et quelques restos de montagne offrent de belles terrasses à ceux qui veulent profiter du soleil.

Le troisième domaine se trouve au Sud-est, au col de Bonaigua (2 072 m), dominé par le Tuc de Llanca (2 650 m). On y trouve plusieurs pistes de niveau avancé à expert, avec les amoncellements de neige les plus généreux, et les plus beaux champs de poudreuse.

Photos de Baqueira-Beret, Espagne, 2015

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